Avez-vous déjà entendu parler du maternage proximal ? Cet ensemble de pratiques, de plus en plus plébiscitées, permet de renforcer le fameux lien d’attachement entre bébé et ses parents. Retrouvez ici la source de ce mouvement, notre avis sur la question, et comment s’y mettre concrètement !

Le maternage proximal : définition
Le maternage proximal est un concept à la fois vaste, qui englobe de nombreuses pratiques, mais aussi très simple. Il est fondé sur les travaux du psychiatre et psychanalyste John Bowlby. Cet anglais a élaboré la théorie de l’attachement dans les années 1960. En quoi cela consiste-t-il ? Cela représente le lien qui s’établit entre un bébé et la personne qui s’occupe de lui, dès les premières heures de vie. L’attachement constitue l’un des besoins primaires du nourrisson, au même titre que le fait de se nourrir et de dormir. En favorisant et respectant ce lien d’attachement, on donne à l’enfant les moyens de devenir autonome et d’explorer le monde.
C’est le pédiatre William Sears et sa femme qui ont en partie fait émerger le concept qu’ils appellent “attachment parenting” outre-Atlantique. On parle aujourd’hui de maternage proximal ou de parentage proximal. On y rapporte toutes les pratiques qui conduisent à créer un lien fort entre le bébé et sa figure d’attachement.
Le parentage proximal et ses limites
Plébiscitées d’un côté et dénoncées de l’autre, les pratiques liées au maternage proximal font parler d’elles dans le monde de la petite enfance. Les détracteurs de la théorie estiment que c’est trop, que l’enfant ne pourra jamais devenir autonome s’il est trop lié à sa mère. D’autres évoquent le fait que la séparation fait partie de la vie, et qu’il est néfaste d’essayer de l’éviter, même chez le jeune enfant.
Enfin, le maternage proximal peut être vu comme une manière idéale d’être mère, et faire culpabiliser toutes celles qui ne l’adoptent pas. De plus, cette manière de s’occuper d’un nouveau-né demandant tout de même de l’abnégation, la femme se retrouve dans son rôle de maman, et met souvent entre parenthèses le reste pendant quelques mois/années. Cet aspect reste parfois dénoncé dans les milieux féministes, mais ce n’est pas toujours le cas, nous ne ferons pas de généralités.
Que penser du maternage proximal ?
À nos yeux, le maternage proximal est une évidence. C’est un comportement naturel que nous avons adopté avec nos enfants, avant même de mettre un nom dessus. Nous n’exerçons pas toutes les pratiques du parentage proximal. Nous ne suivons pas cela comme une méthode, à prendre au pied de la lettre. Seulement, pour chacun des trois bébés que nous avons eus, nous avons favorisé au maximum le lien d’attachement entre le petit et sa maman. Cela nous paraît naturel.
En réalité, nous avons simplement suivi notre instinct. Bébé pleure : il faut le prendre, ces cris nous le demandent, c’est fait pour, alors pourquoi aller à l’encontre de cela ? Idem pour l’allaitement, tant que cela fonctionne, on continue, et on le fait à la demande, parce qu’il n’y a aucune raison de refuser une tétée à bébé, ou d’établir un rythme artificiel. Le maternage proximal, c’est juste prendre en compte les besoins du nourrisson, s’écouter, et faire le maximum pour lui apporter ce dont il a besoin. Cela s’oppose aux pratiques issues des années 50, où l’on a établi des codes, des rythmes, des phases de séparation, etc. Le tout étant complètement dénué de sens et artificiel !
Il ne faut pas oublier que l’humain reste naturellement fait pour se reproduire, et que tout est fait pour qu’une maman réponde aux besoins de son enfant. En suivant son instinct, en réalisant les choses de manière naturelle et en se détachant des injonctions de la société, on crée un vrai lien avec son enfant. Et on se retrouve dans le maternage proximal, sans même s’en rendre compte !
Quelles sont les pratiques du maternage ?
Le maternage proximal englobe différentes pratiques que l’on peut mettre en place avec son bébé. Toutes sont source de bienfaits pour l’enfant. On peut toutes les adopter, ou seulement certaines, selon notre ressenti et nos possibilités. Et pour continuer sur cette voie, adopter le slow parenting est une excellente idée. Cela permet d’avoir une vie de famille plus douce, et de continuer à répondre vraiment aux besoins de l’enfant, même lorsqu’il est plus grand.
Le peau à peau
C’est une méthode de plus en plus recommandée par les spécialistes. Pour notre petit dernier, né avec quelques semaines d’avance et un poids plume, on nous a maintes fois expliqué l’importance du peau à peau. Comment faire en pratique ? Le but est de garder bébé contre soi, lui nu, mais couvert pour ne pas qu’il se refroidisse, contre le torse nu de maman (ou de papa). Le peau à peau offre de nombreux bénéfices au nourrisson :
- il l’aide à maintenir sa température ;
- il lui permet de réguler son rythme cardiaque ;
- il facilite l’allaitement ;
- il favorise les phases de sommeil profond, essentielles au développement de l’enfant.
Autre avantage et non des moindres, le peau à peau renforce le lien d‘attachement entre bébé et maman. Plus il est pratiqué souvent et longtemps, plus c’est bénéfique. C’est très simple à mettre en place, et tellement agréable lors des premières semaines de vie de l’enfant !
Le cododo
Le sommeil du nourrisson est au centre des préoccupations de nombreux parents. L’une des questions fondamentales est : où faire dormir bébé ? Si l’on veut répondre à ses besoins primaires, le cododo semble constituer la meilleure solution. Celui-ci peut être réalisé de différentes manières, en faisant dormir bébé dans la chambre des parents, soit dans son propre lit de bébé soit en utilisant un lit spécial cododo qui se met contre le lit du côté de maman.
À la maison, nous avons toujours utilisé cette dernière option. Elle permet à maman d’allaiter facilement et à bébé de dormir en toute sécurité. Coucher un nourrisson dans le lit parental est une pratique dangereuse qui est à proscrire. Laisser bébé dormir dans la chambre de ses parents, dans son propre lit, est ce qui est recommandé par l’OMS, au moins jusqu’aux 6 mois de l’enfant.
Le cosleeping présente de nombreux bienfaits, aussi bien pour l’enfant que pour ses parents, ne vous en privez donc pas !
L’importance de l’allaitement
Maternage proximal et allaitement maternel vont de pair. Ce dernier constitue souvent une évidence pour les parents qui choisissent de suivre leur instinct et de rester au plus près des besoins naturels de l’enfant. Le lait maternel est bénéfique pour l’enfant sur de nombreux points :
- il contient exactement ce dont votre petit a besoin pour grandir et rester en bonne santé ;
- il s’avère excellent pour renforcer le système immunitaire de votre enfant ;
- il est facilement digestible par bébé ;
- il reste disponible en permanence, n’importe où et n’importe quand.
L’allaitement est aussi bénéfique pour la maman (bien-être, santé, sommeil, etc.) ! Et des deux côtés, l’allaitement maternel à la demande favorise le lien d’attachement ! Il est donc primordial de bien se renseigner et de bien s’entourer pour réussir son allaitement dès la naissance de l’enfant.
Parmi les familles ayant adopté le maternage proximal, on retrouve souvent l’allaitement long. L’Organisation mondiale de la santé elle-même recommande l’allaitement maternel jusqu’aux 2 ans de l’enfant minimum. Aller jusqu’au sevrage naturel de l’enfant, si vous en avez envie, est une excellente idée et ne peut se montrer néfaste pour votre petit. Naturellement, un enfant se détachera du sein entre 2 ans et demi et 4 ans, et cela peut aller jusqu’à 7 ans. Le plus difficile dans l’allaitement long, c’est généralement le regard des autres. C’est d’ailleurs le cas pour toutes les pratiques liées au maternage proximal. Une fois que l’on parvient à se détacher du jugement de l’entourage, ces pratiques deviennent simples et évidentes.
Maternage proximal et portage
Porter son bébé contre soi, à l’aide d’un porte-bébé préformé ou d’une écharpe de portage, fait aussi partie du maternage proximal. Pour les tout-petits et si cela s’y prête, le portage peut être combiné au peau à peau, il présente alors tous les bienfaits cités précédemment.
Le portage en soi présente ses propres bienfaits :
- il rassure bébé qui est tout contre son parent, entend son cœur battre et suit ses mouvements ;
- il favorise l’équilibre chez bébé ;
- il contribue au bon développement moteur de l’enfant ;
- il réduit le risque de tête plate ;
- il facilite la digestion ;
- il calme les pleurs ;
- il favorise le sommeil.
Et bien sûr, le lien d’attachement est renforcé entre un enfant que l’on porte très souvent et son parent.
Si l’on écoute les besoins de son nourrisson, le maternage proximal et ses bienfaits sont une évidence. Toutes les pratiques visant à renforcer le lien d’attachement entre l’enfant et ses parents s’avèrent simples à mettre en place, et sont bénéfiques pour tout le monde ! Si vous hésitez encore, essayez de vous affranchir des regards extérieurs, et écoutez votre instinct, cela deviendra naturel pour vous, et vous serez heureux d’offrir cette sécurité affective à votre bébé ! Et pour continuer à faire les choses en pleine conscience quand votre enfant grandit, découvrez notre sélection de livres sur la pédagogie. Ils vous apporteront un nouveau regard sur la question des apprentissages !
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