Le coschooling, ou comment m’impliquer dans l’instruction de mon enfant ?

Connaissez-vous le coschooling ? Si vous souhaitez resserrer les liens avec votre enfant, si vous n’êtes pas satisfait de ce que l’école lui propose ou si vous voulez l’ouvrir sur de nouveaux domaines, alors le coschooling est peut-être ce qu’il vous faut. Existant depuis bien longtemps, cette méthode représente une belle façon pour un parent de s’impliquer dans l’instruction de son enfant. Envie d’en savoir plus ? Retrouvez ici tout ce qu’il faut connaître sur cette notion : définitions, pourquoi, comment, on vous dit tout !

Illustration photo réaliste d'une maison dans une pomme posée sur des livres

Qu’est-ce que le coschooling ?

Le coschooling constitue une manière de proposer à votre enfant de nouvelles connaissances et compétences en dehors de l’école. Il répond souvent à un besoin de l’enfant pour qui le système scolaire n’est pas épanouissant. C’est un moyen idéal d’ouvrir son enfant sur de nouveaux domaines et de l’aider s’il est en difficulté à l’école. Cet article décrit les bienfaits de cette méthode et vous explique comment la mettre en place !

Définition du coschooling

Qu’est-ce que le coschooling ? Ce terme anglophone, plutôt à la mode depuis quelques années, peut se traduire par “éduquer avec”. Ainsi, adopter le coschooling revient à instruire son enfant à côté de l’école, en parallèle de celle-ci. Le travail des enseignants et celui du parent forment alors un ensemble ayant pour but de mener à bien l’instruction de l’enfant. Dans les faits, le coschooling peut se pratiquer de nombreuses manières et conduire à différentes choses.

Pour notre part, c’est l’instruction en famille que nous avons choisie. Bien que nos enfants ne soient pas scolarisés, notre expérience et les nombreuses connaissances que nous avons acquises sur les apprentissages des enfants nous permettent d’avoir une vision claire de ce qu’est idéalement le coschooling pour l’enfant !

Différentes manières d’aborder l’éducation de mon enfant

En matière d’éducation, on peut différencier trois façons de faire, en tant que parents.

Ce qui semble le plus évident de nos jours, mais qui ne l’a pas toujours été, c’est que les enfants soient scolarisés. Ils vont à l’école et c’est là que la grande majorité, voire la totalité, de leur instruction est réalisée. Les parents comptent sur le travail des enseignants qui prennent en charge leur enfant. Bien entendu, ils peuvent s’intéresser à ce que fait l’enfant et l’aider à faire ses devoirs au quotidien.

À l’opposé, on retrouve de rares familles qui pratiquent l’instruction en famille, et c’est notre cas. Les parents ayant fait ce choix prennent en charge l’éducation de l’enfant dans son ensemble. Rien n’est délégué, toute l’instruction revient aux parents. Ces derniers sont ainsi les premiers éducateurs de leur enfant. Pour ces familles, le fait d’instruire ses enfants soi-même constitue un choix longuement réfléchi, qui fait généralement suite au lien fort qui attache un parent à son petit. 

Des types d’éducation aux multiples inconvénients

Que l’on délègue totalement l’instruction de son enfant ou qu’on la prenne en charge à 100 %, il y a forcément des inconvénients.

Malheureusement, l’école d’aujourd’hui présente de nombreuses lacunes, et nombre de parents n’en sont pas entièrement satisfaits. Ceux-ci pointent notamment : 

  • le manque de bienveillance des équipes éducatives ;
  • le manque de liberté de mouvement ;
  • le non-respect du rythme biologique de l’enfant ;
  • le bas niveau de l’école publique aujourd’hui ;
  • la violence ;
  • etc.

Mais pour ceux qui choisissent l’instruction en famille, les inconvénients existent également. En effet, prendre en charge toute l’éducation de son enfant n’est pas simple. Tout d’abord, le fait d’être en permanence avec ses enfants demande beaucoup de patience, mais aussi du temps et bien souvent un sacrifice financier (l’un des parents ne peut pas travailler). De plus, les personnes voulant instruire leurs enfants se heurtent aujourd’hui à des problèmes légaux, il est en effet de plus en plus dur d’obtenir l’autorisation pour cette pratique. Enfin, prendre en charge son enfant de cette manière demande une véritable implication. Il faut posséder des ressources, trouver des activités, des idées de sorties, etc. Et le plus difficile pour nombre d’entre nous : avoir confiance en son enfant, ce qui peut paraître logique, mais ne s’avère pas si simple que cela.

La place du coschooling

Ainsi, mettre ses enfants à l’école peut être la source de différentes problématiques. Mais pratiquer l’instruction en famille représente un véritable choix, qui doit être réfléchi longuement, et qui est loin d’être possible pour ton un chacun. 

C’est là que le coschooling prend tout son sens ! À mi-chemin entre une délégation totale et une prise en charge entièrement à la maison, il y a le “co-enseignement”. Celui-ci correspond au fait de mettre son enfant à l’école, tout en supervisant et en participant de près à ses apprentissages. Ainsi, le parent peut choisir un établissement, privé ou public, en lequel il a confiance. Et à la maison, il peut compléter les apprentissages et accompagner les nouvelles découvertes

On comprend vite pourquoi le coschooling est aujourd’hui une pratique qui se développe. Il apparaît comme la solution idéale pour pallier les lacunes de l’école et prendre en main son enfant, sans remettre en cause son mode de vie tout entier.

Pourquoi pratiquer le coschooling ?

Le coschooling présente de nombreux bénéfices pour les parents attentifs aux apprentissages de leurs enfants. Cette méthode permet en effet de : 

  • consolider les apprentissages de l’enfant ;
  • resserrer les liens familiaux ;
  • remédier au niveau déplorable de l’école ;
  • ouvrir l’enfant sur de nouvelles choses (la nature, l’art, etc.) ;
  • partager un temps de qualité avec son enfant ;
  • aider un enfant en difficulté scolaire.

Faire du coschooling avec mon enfant, n’est-ce pas trop ?

Votre enfant passe beaucoup de temps à l’école et pratique peut-être des activités extrascolaires. Avec les devoirs, le quotidien (repas, douches, etc.), il a finalement peu de temps libre. On peut alors penser que le coschooling, ça a l’air chouette, mais c’est trop !  

Et bien tout dépend de la manière dont cela est réalisé.

Proposer des activités supplémentaires à son enfant tous les soirs pour qu’il en apprenne toujours plus, ce n’est pas vraiment une bonne idée. Le coschooling, cela doit rester un plaisir. Et nous savons que les parents qui souhaitent se lancer dans cette aventure se montrent très attentifs aux besoins de leur enfant, et n’ont généralement pas l’intention de le surcharger. Il existe de nombreuses manières d’accompagner son enfant dans ses apprentissages. Par exemple, on peut utiliser une façon plus ludique d’apprendre une leçon, ce qui ne demande pas de temps supplémentaire à l’enfant, mais qui lui permet de faire ses devoirs avec plus de plaisir. Le coschooling ne doit en aucun cas ajouter une charge à l’enfant, bien au contraire. Il est là pour rendre les enseignements plaisants et donner l’envie d’apprendre.

Comment participer activement à l’instruction de mon enfant ?

Dans la théorie, le coschooling, c’est génial, mais en pratique, comment faut-il s’y prendre ?

Quelle méthode d’apprentissage choisir ?

Si vous souhaitez pratiquer le coenseignement avec votre enfant, vous pouvez vous intéresser aux pédagogies alternatives (Montessori, Steiner ou Freinet pour les plus connues) et découvrir notre sélection de livres sur la pédagogie, ils vous apporteront un nouveau regard sur les apprentissages. Le coschooling est idéal pour utiliser ces méthodes innovantes. Gardez bien en tête que ce n’est pas parce qu’une pédagogie vous parle et vous plaît que ce sera le cas pour votre enfant. S’il ne vous semble pas réceptif à ce que vous lui proposez, n’insistez pas trop, au risque de le dégoûter. 

Choisir une pédagogie alternative n’a bien sûr rien d’obligatoire. Vous pouvez simplement trouver des activités qui vous parlent selon le domaine que vous souhaitez explorer. C’est ce qui prend souvent le plus de temps au parent accompagnant : trouver des idées d’activités ou savoir comment aborder une notion. Avec le temps, et en observant votre enfant, vous comprendrez vite ce qui fonctionne bien avec lui et ce à quoi il ne se montre pas réceptif. Vous pourrez ainsi vous tourner plus rapidement vers des activités ludiques et des outils d’apprentissages adaptés.

À quel moment faut-il “faire le coschooling” ?

Faire du coschooling, cela demande forcément de se poser un certain temps avec son enfant. Le point positif, c’est que cela vous oblige à passer un moment de qualité avec lui. La difficulté reste de trouver quand le faire. Lorsqu’on a une routine bien établie, des activités par-dessus la tête, l’école, l’intendance, etc., il peut être difficile de trouver ce temps. 

Tout d’abord, vous pouvez instaurer une certaine routine, et déterminer par exemple un ou deux moments dans la semaine où vous réalisez quelque chose avec votre enfant. Vous pouvez aussi ne rien établir du tout, et vous poser avec votre enfant quand vous sentez que cela s’y prête, sans vous soucier du rythme donné à votre coschooling.

Le temps des devoirs constitue souvent un moment adapté pour la pratique du coschooling. Vous pouvez aider votre enfant à faire ses devoirs en lui proposant des méthodes plus ludiques pour qu’il comprenne ses leçons. Dans tous les cas, le coschooling ne va pas se limiter aux instants où vous réalisez des choses concrètes. Cette manière de faire va rapidement se transformer en attitude permanente. Vous aurez envie d’être plus proche de votre enfant et de l’accompagner à chaque instant dans ses explorations et ses découvertes. Cela se vit finalement au quotidien !

À quel âge le coschooling est-il adapté ?

Chez nombre de parents, le coschooling se met en place naturellement dès la petite enfance. On éveille son bébé, on lui parle, on lui montre des choses, souvent avant même qu’il ne commence à parler. Cette pratique reste parfaitement adaptée lorsque l’enfant entre en maternelle, puis en primaire. 

Au collège, et même après, le coenseignement est également pertinent. Bien que cela puisse paraître plus compliqué, car l’enfant aborde des notions scolaires plus poussées, cela reste possible. Vous pouvez tout d’abord soutenir votre enfant dans ses devoirs. Vous pouvez aussi trouver une personne de référence, des cours en ligne ou une méthode adaptée qui puisse l’aider au quotidien. 

Bien que cela semble souvent moins naturel, proposer des activités à votre grand enfant et l’ouvrir sur de nouveaux domaines est particulièrement intéressant. Vous pouvez vous diriger vers des choses plus approfondies ou plus techniques, toujours en fonction de ses envies. À cet âge-là, cela peut représenter une aide pour l’orientation professionnelle. Votre enfant est très manuel et vous connaissez un ébéniste ? Pourquoi ne pas l’accompagner à la découverte de ce métier, en accord avec l’artisan ? Ce type de fonctionnement peut être adapté à tous les domaines, l’essentiel reste que votre enfant soit volontaire.

Quelle attitude adopter face à mon enfant en coschooling ?

Tout d’abord, il est important de bien suivre quelques règles lorsque l’on pratique le coschooling : 

  • ne pas le surcharger en termes d’activités ;
  • lui laisser du temps libre ;
  • lui proposer des choses qui lui plaisent ;
  • employer une méthode qui lui correspond.

En faisant attention à ces différents points, vous vous assurez de pratiquer un coschooling positif et bénéfique pour l’enfant. Dans tous les cas, le coenseignement doit rester un plaisir pour l’enfant. Si ce n’est pas le cas, alors il faut modifier quelque chose. Et pour que tout se passe au mieux, il y a une certaine “attitude” à adopter au quotidien.

Mettre de côté la position d’enseignant

Vous n’êtes pas là pour remplacer l’instituteur ou le professeur. Ce n’est pas votre rôle, et ce n’est pas ce que votre enfant attend de vous. Il est donc essentiel de ne pas vous positionner comme un enseignant face à votre enfant. Si vous pratiquez le coschooling parce qu’il a du mal à l’école, il y a fort à parier qu’il n’ait pas envie de retrouver un second professeur à la maison. 

Chez nous, bien que nous pratiquions l’instruction en famille, nous ne nous posons jamais comme des enseignants face à nos enfants. Nous partons du principe qu’ils sont les moteurs de leurs apprentissages, et que nous sommes là pour les guider, les accompagner et les soutenir. En coschooling, le fonctionnement devrait être le même. Vous devez soutenir votre enfant, le guider vers de nouvelles découvertes, être là lorsqu’il en a besoin. Cette position est d’ailleurs plébiscitée par diverses pédagogies alternatives (retrouvez-la par exemple parmi les 12 principes de la pédagogie Montessori). Si vous vous imposez à lui et cherchez à forcer les choses, vous n’en tirerez que du négatif. Et cela peut mener à de véritables conflits parent/enfant, ce qui ne s’avère jamais très bon pour la vie de famille ni pour la construction de l’enfant.

Placer l’écoute et l’observation au cœur du coschooling

En restant attentif, vous saurez facilement ce qui plaît à votre enfant, ce qui l’intéresse. Vous pourrez ainsi lui présenter des activités adaptées qui auront du succès dans la majorité des cas. Pour les tout petits, cela peut s’avérer un peu plus difficile. Ils ont souvent du mal à exprimer leurs souhaits et il est compliqué de voir où vont leurs préférences. Vous pouvez alors proposer des choses très variées, au fil du temps, et bien prendre en compte ses réactions. N’hésitez pas à lui demander régulièrement si ce que vous lui proposez lui plaît, et s’il y a des choses qu’il aimerait découvrir. Plus l’enfant grandit, plus il est facile de suivre ses envies. À partir d’un certain âge, c’est souvent l’élève lui-même qui vous guidera et qui vous dira ce qu’il a envie d’explorer ou d’approfondir.

Faire confiance à mon enfant 

Dans notre manière de pratiquer l’instruction en famille, c’est la confiance qui a une place centrale. N’employant aucune méthode formelle et ne suivant que les intérêts de nos enfants, nous avons dû lâcher prise. Laisser de côté nos attentes, celles de la société, celles du système scolaire, et privilégier la confiance est la clé. Cela est un travail plus ou moins difficile selon notre tempérament de base, mais ça paye !

Et bien avec le coschooling, c’est la même chose, mais en plus simple. Vous souhaitez soutenir votre enfant, lui offrir plus que ce que propose le système classique. Mais vous savez que, étant scolarisé, il va acquérir les compétences de base au fil du temps, et que vous n’êtes pas seul à gérer ses apprentissages. Vous pouvez donc d’autant plus faire confiance à votre enfant. Les enjeux du coschooling demeurent moins importants que ceux de l’instruction en famille, il est inutile de se mettre la pression. Vous faites cela pour votre enfant, et en lui faisant confiance, en le suivant dans ses envies, sans jamais forcer quoi que ce soit, vous n’obtiendrez que du positif !

Qu’est-ce que le coschooling implique pour le parent ?

Le coschooling vous parle, mais vous vous questionnez sur le temps et l’implication que cela va vous demander concrètement ? Pas de panique !

Une attitude quotidienne

Tout d’abord, comme vous avez pu le constater à travers cet article, le coschooling n’est pas une méthode précise à suivre à la lettre. C’est plus une attitude à avoir face à son enfant, une manière de l’accompagner dans ses apprentissages. Vous pouvez très bien pratiquer un coschooling plutôt “intense”, si votre enfant est en demande et que vous en avez le temps et l’énergie. Mais vous pouvez aussi réaliser les choses de façon plus naturelle, et lui proposer des activités intéressantes ponctuellement, quand cela s’y prête.

En tant que parent, l’essentiel reste d’adopter la bonne attitude. Observer et écouter son enfant, cela constitue finalement le rôle “classique” du parent. Ça ne vous prendra pas de temps supplémentaire que vous pratiquiez le coschooling ou non. Cultiver chez lui l’amour des apprentissages rendra les choses plus naturelles par la suite. Enfin, apprendre à lui faire confiance représente un cheminement intérieur. Cela peut demander de l’énergie, comme tout changement de vision que l’on s’impose, mais vous serez ravi d’y parvenir ! 

Les bonnes ressources pour un bon coschooling

Pour s’impliquer correctement, et si le sujet vous intéresse, il est vrai que le coenseignement requiert du temps. Il y a deux points chronophages dans la pratique du coschooling : 

  • le fait de se documenter sur les différentes pédagogies et sur ce qui existe pour acquérir telle ou telle notion ;
  • la préparation des activités.

Préparer tout cela n’est pas forcément très long. Il peut s’agir de choisir un jeu de société, de trouver une méthode d’apprentissage de l’anglais, d’avoir des idées pour une activité créative, ou encore d’organiser une sortie en extérieur. Cela peut même constituer un moment agréable, et si votre enfant est suffisamment grand, il pourra vous aider !

Se renseigner peut par contre prendre plus de temps. Lorsque l’on explore le monde des apprentissages, on avance petit à petit, et on en découvre tous les jours. Comprendre les différentes pédagogies alternatives existantes, découvrir des méthodes d’apprentissages spécifiques ou des activités ludiques, ce n’est pas toujours facile. Pour vous rendre le quotidien plus simple et vous donner envie d’avancer avec votre enfant, c’est justement ce que nous vous proposons dans notre Igloo ! Vous trouverez ici toutes les informations nécessaires et les ressources pour accompagner votre enfant dans ses apprentissages en dehors de l’école.

Finalement, le coschooling, c’est tout simplement prendre son rôle de parent à part entière, et être pleinement à l’écoute de son enfant. Une fois cette attitude adoptée, le reste se fera naturellement et facilement. En plus, le Blog de l’Igloo est là pour vous soutenir ! Retrouvez ici des méthodes d’apprentissages, des idées d’activités ludiques et nos réflexions sur la pédagogie et la parentalité !

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