Aimer apprendre

Aimer apprendre, voilà quelque chose qui peut paraître incongru pour un enfant. Et pourtant, l’amour des apprentissages devrait courir tout au long de la vie. Il contribue à devenir un adulte raisonnable et réfléchi. Alors, pourquoi nos enfants n’aiment plus apprendre ? Et comment soutenir le plaisir d’apprendre ? Pratiquer l’instruction en famille nous a permis d’observer la puissance des apprentissages naturels, et aussi de comprendre pourquoi nombre d’enfants n’aiment pas l’école et, par conséquent, n’aiment pas apprendre !

Photo d'un cœur fait de poussière de craie sur fond de tableau noir.

Aimer apprendre : pourquoi est-ce indispensable ?

Votre enfant va passer au minimum 13 années en milieu scolaire, pendant lesquelles on va lui demander d’accumuler des connaissances et des compétences. Cours, leçons, apprentissages par cœur, exercices, évaluations constituent son quotidien. En somme, votre enfant est destiné à apprendre. Quoi de plus important que d’aimer apprendre pour supporter ces longues années d’instruction ? Soyons honnêtes, les apprentissages imposés par le système scolaire, tant sur le fond que sur la forme, ne plaisent pas aux enfants dans la grande majorité des cas.  Beaucoup d’entre eux ne voudraient plus aller à l’école si on leur laissait le choix. Et une partie non négligeable des élèves se retrouve en échec scolaire au bout de quelques années d’école.

Alors, aimer apprendre ne sert à rien ? Et bien si, l’épistémologie (plaisir éprouvé à acquérir un savoir) est indispensable pour devenir un adulte épanoui, sain d’esprit et réfléchi. Apprécier le fait d’acquérir de nouvelles connaissances est une qualité importante pour tout individu, et ce n’est pas à négliger !

Aimer apprendre permet de :

  • s’ouvrir sur le monde ;
  • satisfaire sa curiosité ;
  • être en capacité de répondre à ses propres besoins ;
  • comprendre le monde qui nous entoure ;
  • assouvir ses passions.

Aimer apprendre, une compétence naturelle chez l’enfant

L’enfant, naturellement, est fait pour apprendre. Son cerveau y est tout disposé, c’est son rôle majeur durant toute l’enfance. Nous aimons dire que l’enfant est une machine à apprendre : constituée pour cela, elle joue son rôle à merveille. Oui, mais voilà, il faut savoir utiliser le potentiel de la machine !

Nous pratiquons l’instruction en famille avec nos enfants. Pour ce faire, nous avons choisi de faire confiance aux capacités naturelles qu’ils ont pour apprendre. Ils sont les propres moteurs de leurs apprentissages. Nous n’imposons rien, il n’y a pas de session de travail, de planning ou autre. Et cela fonctionne à merveille : nos petites machines à apprendre tournent à plein régime, car nous savons comment faire. Elles évoluent dans un milieu riche, nous les guidons et les accompagnons quand elles en ont besoin. Cette capacité naturelle à apprendre est flagrante : nos enfants engrangent de nouvelles connaissances et compétences sans cesse, pour leur plus grand plaisir. On parle ici de savoirs “scolaires” (savoir lire, écrire, compter, etc.) aussi bien que d’autres compétences (interagir avec les autres, se mouvoir dans différents environnements, être poli, etc.).

En milieu scolaire, les choses sont différentes. Oui les enfants apprennent des choses nouvelles, surtout les tout petits. Mais : 

  • cela ne se fait pas toujours dans la joie et la bonne humeur ;
  • les apprentissages ne sont pas ancrés ;
  • souvent, les choses ne sont pas acquises du tout.

L’école ne mise pas sur les capacités naturelles de l’enfant, bien au contraire. Elle en fait abstraction, et les remplace par des apprentissages forcés, qui ne font pas sens et qui ne fonctionnent pas.

Qu’est-ce qui suscite le désir d’apprendre chez mon enfant ?

Alors, cette capacité naturelle pour les apprentissages qu’ont tous les enfants, comment faut-il s’y prendre pour qu’elle soit efficace ? Il y a divers points à respecter pour cela. Si l’on pouvait faire les choses autrement et qu’il existait un système basé sur les capacités naturelles de l’enfant, les apprentissages devraient toujours être : 

  • initiés par le besoin ou l’envie de l’enfant ;
  • guidés par un enseignant légitime aux yeux de l’enfant ;
  • abordés via un aspect concret ;
  • basés sur le jeu.

Clairement, l’école n’est pas douée pour cela, elle fait plutôt du sabotage (ou du gâchis, au choix.). Il devient alors difficile d’aimer apprendre dans un tel contexte.

Un besoin ancré dans le réel

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que l’enfant va apprendre quelque chose avant tout parce qu’il en ressent le besoin. Cela peut constituer une nécessité ponctuelle, très concrète (je veux savoir quelle heure il est : il faut que j’apprenne à lire l’heure). Pour les enfants un peu plus grands, ce peut être des besoins sur un plus long terme (je vais essayer d’apprendre quelques mots d’italien parce qu’on part en vacances à Rome dans un mois). Dans tous les cas, le besoin reste le déclencheur de l’apprentissage.

À l’école, les apprentissages sont imposés (leur consistance, et le moment où il faut les aborder). Cela ne répond à aucune attente de l’enfant. Chaque leçon arrive, à ses yeux, “comme un cheveu sur la soupe”.

Une envie profonde

Parfois, ce n’est pas le besoin qui guide l’enfant vers un nouvel apprentissage, mais plutôt une envie profonde. Par exemple, notre premier enfant a clairement exprimé son envie de savoir lire lorsqu’il avait 3 ans et demi. Était-ce un besoin concret ? Pas vraiment. Cette envie faisait partie d’une curiosité générale, stimulée par le milieu dans lequel il vit et ce qu’il voit au quotidien. Et une personne qui a envie va forcément aimer apprendre !

Un enfant peut très bien se réveiller un matin, et avoir envie d’apprendre à lire l’heure, de comprendre comment fonctionne un moteur à essence, ou de connaître le nom de tous les poissons vivant dans les rivières françaises. Bref, l’envie paraît souvent dénuée de sens, mais elle entraîne de réels apprentissages. Ceux-ci font sens pour l’enfant, et c’est l’essentiel !

Un enseignant légitime et choisi

Envie ou besoin sont à la source des apprentissages naturels des enfants. Mais bien souvent, les enfants ne peuvent pas s’instruire tout seuls. L’autodidaxie, dont on parle plutôt pour les adultes, ne correspond pas à un apprentissage réalisé seul, à partir de rien. Il en est de même chez les enfants. Il faut des supports, et la plupart du temps, un guide, un accompagnateur, un enseignant. 

Pour tout bon autodidacte, comme l’est chaque enfant naturellement, le maître doit être choisi avec soin. Un apprentissage enseigné par une personne en qui on n’a pas confiance, qui ne nous inspire pas, et auquel on n’accorde aucune légitimité, ne fonctionnera pas. C’est encore un problème intrinsèque à l’école : l’élève ne choisit bien entendu pas son maître. S’il l’estime illégitime dans son rôle (nous ne nous attarderons pas sur cette question ici), il n’apprendra fondamentalement rien de cette personne. C’est souvent le cas pour les enfants au lycée, au collège, et parfois même plus tôt. 

Un apprentissage qui passe par le concret

Pour encourager les apprentissages autonomes, il faut que l’enseignement prenne la bonne forme. Pour l’enfant, cela doit être concret. On remarque qu’à l’école, on passe d’abord par la théorie, pour ensuite en venir à la pratique. Prenons l’apprentissage de l’anglais comme exemple. On fait des heures et des heures de grammaire avant de pratiquer (et encore, il y a bien souvent une part insignifiante de pratique dans l’apprentissage des langues à l’école). Pour l’enfant, cela n’a pas de sens. Il faut qu’il pratique pour comprendre. Et ce n’est qu’une fois l’expérience acquise que l’on peut passer à la théorie et expliquer le pourquoi du comment, si besoin, et si cela intéresse l’élève.

Le jeu

Dernier point et non des moindres : l’importance du jeu. Comme on l’a expliqué précédemment, l’enfant est une machine à apprendre. Que fait un enfant qu’on laisse totalement libre d’agir ? Il joue. C’est à travers le jeu que l’enfant apprend, c’est ainsi. Jouer est la meilleure manière pour lui d’aborder un apprentissage et de l’ancrer sur la durée. L’apprentissage par le jeu est vaste, il touche tous les domaines de compétences. Tous les types de jeux peuvent conduire à l’acquisition de connaissances et de compétences : les jeux de société adaptés à l’enfant, les jeux d’imitation, le jeu libre.

Encore une fois, ce n’est pas ce qui est proposé à l’école, sauf peut-être en maternelle, et encore. 

Aimer apprendre, c’est naturel pour un enfant. Vous avez l’impression que ce n’est pas le cas du vôtre ? C’est tout bonnement la conséquence de la scolarisation. En allant à l’encontre de l’élan naturel de l’enfant, celle-ci instaure un désamour de l’apprentissage. La grande majorité des enfants en sont là : ils n’aiment pas apprendre. Et pourtant, c’est un sentiment indispensable pour se construire en tant qu’individu. Alors comment remédier à ce problème ? En trouvant une alternative à l’école traditionnelle si possible, les écoles démocratiques sont super pour cela !. Et sinon, avoir conscience de cette problématique est déjà un point très positif pour aller dans le bon sens !

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